Le travail avec les familles

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Parfois, la personne désorientée ne peut raconter son histoire, dire ses envies, donner ses choix. La famille est « le cordon ombilical » qui unit la personne âgée à ses racines et permet la continuité de soi. La personne âgée leur a transmis ses valeurs éthiques et ses modes de pensées. Elle est le garant de l'histoire de son parent. La famille joue un rôle clé de médiateur dans la relation résident-institution. Loin d’être passive, elle aide les soignants à prendre en soin le parent âgé désorienté et contribue à le rassurer. Elle est la passerelle entre le soignant et le résident qui permet un meilleur accompagnement. Enfin, seule la famille peut combler le besoin fondamental et essentiel d'affection. C'est une relation triangulaire qui s'installe entre le résident, sa famille et l'institution. Chacun devant y jouer sont rôle.

Les enjeux du travail avec la famille

  • Communiquer et adopter une posture professionnelle mettant la personne âgée au centre des décisions :

Nous trouvons important de développer le lien entre la famille et l'institution (en organisant des réunions, lors des sorties ou encore des fêtes et spectacles dans la résidence) afin qu’une relation de confiance s’instaure et que les familles puissent être rassurées. Cela permet aussi aux professionnels d’apprendre à connaître les membres de la sphère familiale et de repérer ainsi les besoins de la personne âgée et de la famille, les attentes de chacun afin que les équipes adaptent leurs attitudes.

  • Créer une alliance avec les «aidants» :

Grâce à la disponibilité, l’écoute, aux questions simples et directes posées au résident et à sa famille, à la réflexion et les prises de décisions en équipe l'alliance est possible.

Le projet de vie est un véritable outil institutionnel pour valoriser l'alliance avec le résident et son entourage, toujours centrée sur le résident.

  • Prendre du recul concernant la demande des familles :

Le projet de vie prend encore toute son importance, les objectifs fixés sont bien définis par rapport au résident et non par rapport à l'envie des familles qui parfois peuvent oublier ce que souhaite leur parent.

  • Identifier ce qui se joue pour les familles touchées par la maladie d'Alzheimer ou troubles apparentées :

Au-delà de sa maladie, la personne atteinte de la maladie d’Alzheimer ou par un trouble apparenté reste un être de relation et conserve une intelligence affective; elle s’exprime avec des mots, des attitudes, des comportements, que les aidants ont souvent du mal à comprendre. Les familles sont généralement en souffrance à cause de ces changements de comportement de son parent, de ses oublis. Nous trouvons important de rassurer les familles, de les aider à comprendre la maladie, d'accepter cette situation, de leur donner les outils pour accompagner au mieux son parent. Ceci dans le but de créer un climat serein autour de la personne désorientée afin que sa prise en soin se déroule dans de bonne condition.

Nous proposons donc un accompagnement des familles. A cette fin, nous leur donnons la possibilité d’exprimer leurs souffrances et interrogations grâce à  des temps d'écoute avec la responsable de l'unité, l'équipe soignante ou encore le directeur. Des entretiens avec le psychologue spécialisé dans l'accompagnement de ces personnes sont également possibles sur rendez-vous. Tout cela contribue à soulager les familles et par la même améliore la relation triangulaire.

Les soignants et la famille doivent se mobiliser pour rejoindre la personne là où elle est et des stratégies spécifiques facilitent cette rencontre que ce soit par un environnement adapté, une manière de parler, une qualité d’écoute nécessitant un savoir-faire et un savoir être.

Il ne faut pas oublier qu’au-delà des performances cognitives l’être humain demeure un être de relation. C'est une maladie de la mémoire pas du coeur!

 

Prendre soin des personnes âgées, c’est ne pas oublier qu’entre le cerveau et la main, il faut qu'il y ait le cœur.

Date de dernière mise à jour : 2012-10-10